Blanlhac

Blanlhac est situé à 5 km au nord de Rosières, sur un sol granitique, entouré de sucs (Jalore, Eymeral, le Chalat) qui le protègent à 762 mètres d’altitude.
Le village qu’on appelle aujourd’hui Blanlhac peut apparaître au visiteur comme assez étendu, dispersé et irrégulier. C’est qu’il s’agit en fait de la réunion de plusieurs hameaux bien distincts, qui pendant des siècles sont restés séparés par de vastes zones non construites. On avait ainsi le Marais, les Garennes, La Bourgeade (le premier groupe important de maisons quand on vient de Rosières), le Monteil, sur la colline, les Vachers, La Chaud, Tailler, ou encore Vedylle ou les Moulins de l’Herm.


Le vieux pont de la Bourgeade

Le nom ” Blanlhac ” désignait alors seulement le plus important de ces hameaux (celui où se trouve l’assemblée), qui ne comptait pas moins de 91 habitants en 1931 (celui de La Bourgeade en comptait alors une quarantaine).
Ce nom laisse supposer une origine gallo-romaine, puisqu’en 970 déjà il apparaît sous la forme Blatulago (” le domaine de Blatus ” ?) transformé ensuite en Blatliac, puis Blanlhac -prononcé blan-yac.

Le village connaît un essor important au tout début du 20e siècle ; plusieurs belles fermes sont construites entre 1900 et 1910. Le développement sera beaucoup plus lent par la suite. Touché par l’exode rural comme le reste de la campagne française, il recommence à vivre à partir des années 80, grâce à la vogue des résidences secondaires ; et il connaît un nouvel essor depuis quelques années : des résidences principales sont bâties pour des retraités ou pour des actifs qui recherchent le calme.

Cet endroit charmant mais discret a connu, jusque dans les années 60, une vie sociale riche et diverse. Ainsi, dans les années 30, on y dénombrait 4 menuisiers, 4 maréchals-ferrands et 2 charrons, 3 maçons, 1 coordonnier, 1 sabotier, 2 bistrots, 1 bouilleur de cru, 1 marchand de bestiaux, 1 boucher, 1 entrepreneur de battage et 6 meuniers. Bien entendu tous étaient aussi paysans, comme leurs voisins. On peut imaginer l’animation ! Et on peut compléter le tableau par 2 écoles (celle des garçons bâtie en 1875 et celle des filles en 1903), sans oublier l’assemblée, que la dernière béate a quitée en 1928 mais qui restera longtemps un lieu de rassemblement et de prière pour les habitants.

Que reste-t-il aujourd’hui ? On peut encore admirer quelques toits en lauzes, quelques anciennes fermes bien restaurées, et surtout tout un petit patrimoine : biens communaux, biens de sections et moulins.
Les biens communaux sont essentiellement des ” bachas ” (abreuvoirs) et des lavoirs. Comme chaque hameau en était pourvu, on compte 10 abreuvoirs dont 7 en bon état et 7 lavoirs.
Dans les biens de sections (propriété des habitants eux-mêmes) plusieurs fours banaux nous rappellent l’époque où chacun, une fois toutes les 2 ou 3 semaines, venait cuire son pain grâce au grain récolté et transformé en farine dans le moulin. Un seul est en état de marche, au centre du village, avec sa belle voûte datée de 1844.

L’assemblée :

assembleeElle a pour particularité de figurer sur sa façade les noms des donateurs et la date du baptême de la cloche. Le bâtiment initial a été agrandi en 1980 pour être aménagé en gîte de groupe, géré par l’association de la Commune libre de Blanlhac. Le rez de chaussée est utilisé pour diverses manifestations (messe annuelle, expositions, rencontres des habitants…)

Quant aux moulins, c’était une des richesses et des originalités de l’endroit. Grâce au Ran, 17 moulins ont fonctionné au fil des siècles. L’association des Amis des moulins de Blanlhac a remis en état de fonctionnement deux d’entre eux et valorise la zone des moulins qui accueille chaque année le festival Nuits de rêve organisé par l’association Rêve de Foin. Des visites guidées sont proposées en été.

Moulin de BlanlhacLe village est donc bien vivant, la grande majorité des habitations est restaurée et de nouvelles constructions voient le jour. 2 exploitations agricoles subsistent, une entreprise de maçonnerie, un tourneur sur bois, un transporteur et une artiste (sculpture sur terre et raku) comptent parmi les 150 habitants permanents auxquels s’ajoutent quelques résidents secondaires.

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